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N°2 Spéciale Ramadan, Coran tefsir : Al Baqara n°2 verset 184

Dans la sourate Al Baqara (n°2), Allah a mentionné cinq versets (versets 183 à 187) qui mentionnent le jeûne du mois de Ramadan et ses règles.

Connaître le sens des versets du Coran est très important car c'est ainsi que l'on pourra les mettre en pratique.

Ainsi, dans ce document nous allons, avec la permission d'Allah, apporter certaines explications sur le sens de ces versets.


Explication du second verset :


Allah a dit dans la sourate Al Baqara n°2 verset 184 (traduction rapprochée du sens du verset) : « Un nombre de jours déterminé (1). Ceux qui parmi vous sont malades ou en voyage (2) devront jeûner un nombre égale d'autres jours (3).

Et pour ceux qui ne peuvent le supporter, il y a une compensation qui est de nourrir un pauvre (4).

Celui qui fait un bien de manière surérogatoire alors ceci est un bien pour lui (5) et jeûner est meilleur pour vous (6) si seulement vous saviez (7) ».


(1) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Un nombre de jours déterminé ».


Les jours qu'Allah a mentionné ici sont les jours du mois de Ramadan.

(Ahkam Al Quran de l'imam Al Bayhaqi vol 1 p 105 ; Tefsir Tabari vol 2 p 96)


Ainsi, après avoir informé Ses serviteurs de l'obligation du jeûne, Allah a informé qu'il n'est obligatoire que durant un nombre de jours déterminé.

C'est à dire que ces jours sont peu nombreux et il est facile d'y pratiquer le jeûne.

(Taysir Al Latif Al Mannan Fi Khoulasati Tefsir Al Quran de Cheikh Sa'di p 109)


Remarque : Les mois du calendrier hégirien font soit 29 jours soit 30 jours.


D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Nous sommes certes une communauté -oumiya- (*), nous n'écrivons pas et ne calculons pas. Le mois est comme cela et comme cela ».

Et il fit signe avec ses mains une fois 29 et une fois 30.

(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°1913 et Mouslim dans son Sahih n°1080)


(*) Ce terme est explicité juste après, c'est à dire : nous n'écrivons pas et ne calculons pas.


(2) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Ceux qui parmi vous sont malades ou en voyage ».


Après avoir informé de la facilité du jeûne durant ce nombre de jours déterminés, Allah a de nouveau accordé une facilité à Ses serviteurs en permettant au malade et au voyageur de ne pas jeûner car, en général, le jeûne est difficile pour ces deux catégories de personnes.

(Taysir Al Karim Ar Rahman de Cheikh Sa'di p 86)


D'après Anas Ibn Malik (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient surlui) a dit: « Certes Allah a levé la moitié de la prière pour le voyageur (*) et Il a levé le jeûne pour le voyageur, la femme enceinte et la femme qui allaite »

(Rapporté par Ibn Maja dans ses Sounan n°1667 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Ibn Maja)


(*) C'est à dire que le voyageur prie les prières du dohr, du 'asr et du 'icha en faisant deux unités de prière au lieu de quatre pour le résident.


L'imam Ibn Qoudama Al Maqdisi (mort en 620 du calendrier hégirien) a dit : « Les gens de science sont en consensus sur le fait qu'il est permis au malade de ne pas jeûner ».

(Al Moughni vol 4 p 403)


Et il a également dit : « Il est permis au voyageur de rompre le jeûne durant le Ramadan et durant les autres jeûnes que Ramadan. Ceci est montré par le Coran, par la Sounna et par le consensus ».

(Al Moughni vol 4 p 345)


(3) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Ceux qui parmi vous sont malades ou en voyage devront jeûner un nombre égale d'autres jours ».


Dans la mesure où chaque croyant a besoin de profiter des bienfaits du jeûne, Allah a ordonné aux malades et aux voyageurs qui n'ont pas jeûné durant le mois de Ramadan de rattraper les jours manqués une fois qu'ils sont guéris ou qu'ils sont de retour chez eux.

(Taysir Al Karim Ar Rahman de Cheikh Sa'di p 86)


L'imam Ibn Hazm (mort en 456 du calendrier hégirien) a dit : « Les savants sont en consensus sur le fait que la personne qui rompt le jeûne durant le voyage ou à cause de la maladie, il lui est obligatoire de rattraper le nombre de jours qu'il n'a pas jeûné ».

(Maratib Al Ijma' p 46)


De plus, ce verset montre qu'il n'est pas obligatoire de rattraper les jours de jeûne manqués à la suite et qu'il est permis de les séparer.

(Masail Al Imam Ahmed Bi Riwayati Ibnihi Salih n°920 p 263)


D'après 'Orwa, 'Aicha (qu'Allah l'agrée) a dit : « Le verset a été révélé comme ceci : -un nombre égal d'autres jours à la suite-.

Puis -à la suite- a été retiré (*) ».

(Rapporté par Daraqoutni dans ses Sounan n°2315 qui l'a authentifié)


(*) C'est à dire que le rattrapage des jours de Ramadan a été au départ révélé avec la condition que les jours soient rattrapés à la suite puis cette condition a été abrogée.

(Voir Sounan Al Bayhaqi vol 4 p 431)


D'après 'Abdallah Ibn 'Otba, 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit : « Jeûne comme tu le veux (*) car Allah a dit : -un nombre égale d'autres jours- ».

(Rapporté par 'Abder Razaq dans son Mousannaf n°7665 et authentifié par Cheikh Zakariya Ibn Ghoulam Al Bakistani dans son ouvrage Ma Saha Min Athar AS Sahaba Fil Fiqh p 685)


(*) Cela concerne évidemment le rattrapage des jours de jeûne manqués durant le mois de Ramadan.

(Voir Mousannaf 'Abder Razaq vol 4 p 241)


(4) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Et pour ceux qui peuvent le supporter, il y a une compensation qui est de nourrir un pauvre ».


Au départ, Allah a laissé le choix aux gens concernant le jeûne du mois de Ramadan.

Celui qui le souhaitait jeûnait et celui qui le souhaitait pouvait nourrir un pauvre pour chaque jour.

Puis cela a été abrogé par le verset suivant et le jeûne est devenu obligatoire pour chacun.


D'après Ibn Abi Leyla, Mou'adh Ibn Jabal (qu'Allah l'agrée) a dit : « Il y a eu trois étapes concernant le jeûne.

Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) jeûnait trois jours de chaque mois et il jeûnait également le jour de 'Achoura (1) puis Allah a révélé les versets : -Le jeûne vous a été imposé comme il a été imposé à ceux qui sont venus avant vous- jusqu'à -nourrir un pauvre- (2).

Alors celui qui le voulait jeûnait et celui qui ne voulait pas jeûner nourrissait un pauvre pour chaque jour et cela était valable pour lui.

Ceci est une étape (3).

Puis Allah a révélé : -Le mois de Ramadan durant lequel le Coran a été descendu- jusqu'à -d'autres jours- (4) et alors le jeûne a été imposé à ceux qui assistent à ce mois. (5)

Le voyageur doit rattraper les jours et le vieil homme et la vieille femme qui ne peuvent pas jeûner doivent nourrir (6) ».

(Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°507 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)


(1) Ceci est la première étape.


(2) Il s'agit des versets 183 et 184 de la sourate Al Baqara n°2.


(3) C'est à dire la seconde étape.


(4) C'est à dire le verset 185 de la sourate Al Baqara n°2 dont l'explication va suivre avec la permission d'Allah.


(5) Ceci est la troisième étape.


(6) C'est à dire qu'ils doivent nourrir un pauvre pour chaque jour non-jeuné.


Remarque n°1 : Ce verset a été abrogé dans le sens où les gens n'ont désormais plus le choix entre le fait de jeûner ou de nourrir un pauvre.

Par contre ce verset concerne toujours les gens âgés ou les malades dont on n'espère pas la guérison qui eux doivent nourrir un pauvre pour chaque jour de Ramadan qu'ils n'ont pas pu jeûner.


D'après 'Ata, 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit : « Ce verset n'est pas abrogé. Il concerne le vieil homme et la vieille femme qui n'ont pas la capacité de jeûner. Ils doivent nourrir un pauvre pour chaque jour ».

(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°4505)


D'après 'Ata, 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit : « Ce verset n'est pas abrogé mais on accorde une facilité dans cela que pour la personne qui ne peut pas supporter le jeûne ou au malade qui ne guérit pas ».

(Rapporté par Nasai dans ses Sounan n°2317 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Nasai)


Remarque n°2 : Cheikh 'Otheimine a dit : « Ce verset montre la sagesse d'Allah dans Sa législation dans le sens où Allah instaure les règles petit à petit et en particulier pour les choses qui sont difficiles pour les gens.

N'as-tu pas vu que lorsqu'Allah a voulu interdire les boissons alcoolisées, Il a fait cela par étape ?! (*)

Allah a fait la même chose pour le jeûne.

Lorsqu'Il a voulu imposer le jeûne, Il a fait cela par étape ».

(Ahkam Min Al Quran Al Karim vol 1 p 642)


(*) Au départ, la consommation de boissons alcoolisées était permise.

Puis elle a été interdite au moment des prières et permise aux autres moments.

Et enfin, au final, elle a été totalement interdite.


(5) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Celui qui fait un bien de manière surérogatoire alors ceci est un bien pour lui ».


Dans ce verset, Allah a informé que celui qui fait un bien de manière surérogatoire dans la compensation des jours de Ramadan non-jeûné alors ceci est un bien pour lui.


Le verset est général est comprend ainsi plusieurs actes de bien surérogatoires.

(Tefsir Tabari vol 3 p 443)


Parmi ces actes de bien :


- le fait de nourrir plus d'un seul pauvre par jour non-jeûné


D'après 'Ata Ibn Abi Rabah, 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit : -Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu'avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre- : C'est à dire un seul pauvre.

-Celui qui fait un bien de manière surérogatoire- : C'est à dire qu'il rajoute un autre pauvre.

(Rapporté par Daraqoutni dans ses Sounan n°2377 qui l'a authentifié)


D'après Mou'awiya Ibn Qoura : Anas Ibn Malik (qu'Allah l'agrée) n'a pas jeûné durant le Ramadan et il a donc nourri chaque jour quatre pauvres.

(Rapporté par Al Baghawi dans Mousnad Ibn Al Ja'd n°1143 et authentifié par Cheikh Zakariya Ibn Ghoulam Al Bakistani dans son ouvrage Ma Saha Min Athar AS Sahaba Fil Fiqh p 687)


- Le fait de rajouter à la quantité obligatoire de nourriture à donner au pauvre


D'après Moujahid, Qays Ibn As Saib (qu'Allah l'agrée) a dit : Certes un homme doit nourrir pour Ramadan pour chaque jour la moitié d'un sa'. Nourrissez pour moi un sa'.

Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) était mon associé dans la jahiliya (*) et il était le meilleur des associés : il ne se disputait pas et ne polémiquait pas.

(Rapporté par Abou 'Oubeid dans Al Nasikh Wal Mansoukh Fil Qur'an Al 'Aziz n°933 et authentifié par Cheikh Zakariya Ibn Ghoulam Al Bakistani dans son ouvrage Ma Saha Min Athar AS Sahaba Fil Fiqh p 687)


(*) C'est le nom de la période qui a précédé l'Islam.


- Le fait de rajouter de la viande, de la sauce etc en plus de la nourriture de base


Cheikh 'Otheimine a dit : « Il convient dans cette situation de mettre avec la nourriture ce qui l'accompagne comme de la viande ou autre afin de compléter le sens voulu par le verset ».

(Charh Al Mumti' vol 6 p 326)


(6) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « et jeûner est meilleur pour vous ».


C'est à dire que lorsque les musulmans avaient le choix entre le fait de jeûner ou de nourrir un pauvre pour chaque jour, le jeûne était ce qu'il y avait de plus méritoire.


Mais, de manière générale, cette partie du verset montre le mérite du jeûne.

(Tefsir Al Qortobi vol 3 p 149)


(7) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « si seulement vous saviez ».


C'est à dire : Si vous êtes des gens de science, vous allez comprendre et savoir que le jeûne est meilleur pour vous.

(Al Ilmam Bi Ba'd Ayat Al Ahkam de Cheikh 'Otheimine p 253)